En décembre 2010, le philosophe footballeur Eric Cantonna lançait un appel au peuple : retirez tous votre argent de la banque. Ce fut un échec, mais cela eut au moins le mérite de désigner les oppresseurs dans notre société de consommation de merde : les banques.
Comment ça marche ?
Quand j’ai commencé à travailler, avec un SMIC, tu payais ton loyer, tes factures, ta bouffe, tes sorties, tes vacances. De nos jours, tu payes à peine ton loyer et une partie de tes factures.

Dessin Charb
Non seulement les salaires n’ont pas augmenté, non seulement on t’a inventé l’euro pour bien augmenter les prix en loucedé, mais on t’a créé un tas de nouveaux produits, besoins, services.
Et on t’a implanté dans le crâne que si tu ne possèdes pas le dernier bidule à la mode, si tu ne changes pas de téléphone tous les 6 mois, si tu ne claques pas un billet violet à chaque sortie en boite, ben t’es un looser.
[Ce qui est totalement faux : l'homme heureux n'a pas de chemise. Et la femme heureuse n'a pas de culotte, c'est prouvé scientifiquement].
Alors, tu fais des crédits, c’est tellement facile. Trois bulletins de salaire, et hop, tu repars du magasin avec un gadget inutile.
Tu as besoin d’argent ? Ta banque et des tas d’organismes de crédit te proposent gentiment ce qu’ils appellent une « réserve d’argent ». En fait, un crédit revolving, un piège horrible à près de 20% d’intérêt, dont il est très difficile de se dépêtrer.
Tu crois vraiment faire une affaire en achetant un appartement et en t’endettant pour 30 ans ? TRENTE ANS, punaise ! Ça ne te donne pas le vertige ?
Et une fois que tu es gavé de crédits, que tu as des échéances à rembourser, tu n’es plus libre. Tu ne peux plus dire « crotte » à la société, tu es obligé de travailler comme un malade pour rembourser. Et parfois de faire un nouveau crédit pour rembourser tes échéances. Le cercle vicieux, tu es piégé.
Si tu ne fais pas très attention, tu peux vite devenir un esclave des banques. Sans compter les dégâts occasionnés à la planète par cette consommation effrénée. Et ce sont bien sûr les plus pauvres qui se font avoir par ce piège consommation/crédit. La crise des subprimes aurait du nous faire changer de cap, tu parles, nous n’avons rien appris.

Dessin Charb
Les États aussi vivent à crédit
Hélas oui, cela fait partie du même système de fuite en avant : dépenser plus que l’on ne gagne, péter plus haut que son cul, spolier les pays pauvres, détruire l’environnement et laisser nos descendants payer l’addition.
On ne peut rien contre l’Etat, mais on peut déjà agir à titre individuel.
Comment sortir du cercle vicieux du crédit ?
D’abord en n’y entrant pas !
Dis-toi bien une chose : tu n’es pas ce que tu possèdes. Tu vaux mieux que ça.
Alors réfléchis avant de consommer. Sans aller dans l’extrémisme de ceux qui ont fait le pari de ne vivre qu’avec cent objets, tu peux appliquer la solution de grand-mère : quand tu as besoin/envie de quelque chose, économise jusqu’à ce que tu puisses te le payer comptant :
- Tu te laisses ainsi tout le temps de la réflexion « en ai-je vraiment besoin/envie ? »
- Ce qui est acquis après une longue attente fait bien plus plaisir que ce vient tout de suite, sans efforts
- Tu payes bien moins cher, et surtout tu restes libre.
Personnellement, hormis pour les entreprises, je n’ai jamais fait de crédit. Toujours locataire (en meublé), voitures (d’occasion) payées comptant, très peu d’objets, enfin, j’ai déjà décrit comment je vis.
Et sans aucun crédit, oui, je suis libre.
Et toi, gentil lecteur, es-tu libre ?

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