Bon, relativisions : nous sommes en période électorale. Et comme à chaque fois les candidats se croient obligés de dire tout et son contraire, de promettre monts et merveilles, de ratisser large la gogosphère de leur électorat putatif. Perso, je m’en fous, je suis abstentionniste et pêcheur à la ligne.
Mais là, je viens de lire des propos d’une candidate qui refuse le remboursement de l’avortement dit « de confort ». Merdalor !

dessin Reiser (forcément)
De quel droit, moi, j’ai le droit d’en parler, alors que je suis un mec, muni d’une coucou-tu-veux-voir-ma ?
Parce que celle qui avorta je l’ai vue, parce que je la connais. C’était il y a longtemps, elle était toute jeune. Pas Aurélie-n’a-que-16-ans, comme le chante un philosophe guadeloupéen, mais presque. Presque.
Elle est là, toute conne, toute petite, toute perdue, avec ce foutu test de grossesse à la main. Et je suis là, à côté, encore plus con, mais elle est toute seule dans son dilemme.
Et toute seule elle sera pour aller au planning familial, avec des affiches de beaux bébés joufflus bien culpabilisants plein les murs. Et toute seule elle sera pour affronter docteurs et infirmières et les « vous êtes sûre…? » « vous savez il y a des aides… ».
Et toute seule elle sera pendant l’opération, avec sa douleur, sa peine, sa tristesse infinie, sa honte, son angoisse. Et sans aucun putain de confort !
Et puis les années passent, beaucoup d’années. On oublie. Enfin, j’oublie. Un soir elle se met à pleurer, je me dis c’est la pluie, l’automne, le spleen, des trucs de gonzesses, quoi.
« Qu’est-ce qui t’arrive ? »
« Tu te rends compte ? Il aurait 8 ans…. »
C’est du confort ça ?
Vous pouvez troller.

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